• Jade Arestan-Mallet

"Guérir" ? Ou simplement "se retrouver" ?

Mis à jour : 5 sept. 2019

« Guérir » nous vient des langues germaniques et signifiait au XIe siècle « être attentif, faire attention, défendre, garantir et protéger ». Guérir, c’est donc avant tout offrir son attention et sa protection. Mais à l’image de l’amour qui ne peut advenir que lorsque l'on a appris à s’aimer soi, la guérison advient lorsqu'on a décidé de se le permettre. Se mettre en quête d’introspection et de guérison personnelle, se faire à soi-même le don d’une attention profonde et d’une protection aimante, voilà un préalable nécessaire à tout échange de soins (que cet échange ait lieu entre vous et un thérapeute ou entre vous et vous).

« Guérir » possède une rare polysémie : il est en même temps pronominal et non pronominal. Remarquez en effet que lorsque vous dites "je guéris", on peut entendre deux choses à la fois : "je guéris quelqu'un et je le soigne" ainsi que "je me guéris et me soigne", l'objet de l'action pouvant tout aussi bien être un tiers que vous-même (ce qui n'est pas le cas pour l'immense majorité des verbes, obligés de marquer la différence par un pronom supplémentaire. Ainsi, l'on ne confondra jamais les mots "je lave" et "je me lave" par exemple...). Pourquoi cette particularité du verbe "guérir" ? Peut-être car il s'avère effectivement que dès lors que je suis dans une vibration de guérison, je participe inéluctablement à guérir le monde qui m'entoure. Tandis que je me guéris et vibre cette énergie qui se nettoie, se libère et s'épanouit, je la rayonne et la propage autour de moi : mon éveil devient un éveil collectif et participe à l'évolution de toutes les consciences. Par le soin que je m'offre, je soigne. Comme je guéris, je guéris. Et ce cadeau que je me fais, je l'offre à tous en partage.


Tout est interconnecté et tout nous ramène donc à la même chose : la nature fondamentale de l’être humain est de vivre libre et heureux, et pour ce faire de vivre en amour (voilà qui n’est autre que le postulat de base de la psychologie humaniste). Cela peut sembler très simple, trop peut-être. Mais les vérités les plus profondes sont contenues dans les choses les plus simples. Et les choses les plus simples sont en vérité les plus difficiles à intégrer.

Je fais le postulat, ainsi que l’a déclaré Teilhard de Chardin (1881-1955) dans cette citation désormais bien connue, que « Nous ne sommes pas des êtres humains qui vivent une expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels qui expérimentons une vie humaine. » Cette phrase pourrait être l’un des crédos de la thérapie transpersonnelle, cette approche qui replace l’humain dans sa dimension spirituelle en cherchant à agir sur le mental et l’émotionnel mais aussi sur l’âme, afin que par son mieux-être l’individu agisse sur l’éveil collectif. A l’image de Teilhard de Chardin, philosophe, prêtre et scientifique, un homme qui ne s’est contenté ni d’une vision scientifique de la vie, ni d’une croyance aveugle en la mythologie religieuse, mais qui a cherché au contraire à concilier en lui ces deux vérités, notre monde devient plus que jamais transpersonnel, transdisciplinaire, "intégratif" en somme.

Nous avons la chance de vivre aujourd'hui, à cette époque du changement des paradigmes, et d'évoluer dans cette philosophie de la "pensée complexe" théorisée par Edgar Morin, philosophe et pédagogue contemporain qui nous demande de faire preuve d'« une volonté ferme qui se dédie à repenser le monde au travers de la transdisciplinarité, d’imbriquer, d’enchevêtrer, de tisser en nous les différents domaines de la pensée ». Rompre avec « l’addiction aux certitudes » et les « pensées partielles donc partiales ». Tendre à une « reconstruction du réel et à sa traduction », dépasser le cloisonnement disciplinaire qui stérilise les approches du monde et de soi en divisant l’esprit et le cerveau, séparant les « sciences humaines » des « sciences dures », la philo de la psycho, ou encore l’âme du corps… Einstein, avant Morin, avait lui aussi lancé l’appel à un nouveau tissage des liens : « Un être humain est une partie de ce que nous appelons univers, une partie limitée dans le temps et l’espace. Il fait l’expérience de lui-même, de ses pensées et de ses sentiments, comme de quelque chose de séparé du reste : c'est une sorte d’illusion d’optique de sa conscience […] Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion ».

C’est dans ce courant que s’inscrit mon approche intégrative de la thérapie : reconstruire votre réel (par un rapprochement Conscient/Inconscient) et la manière dont il se traduit en vous (par l'interprétation de son langage symbolique) afin de le vivre avec plus de conscience et de sérénité, nettoyé des blessures encombrantes du passé. Réunir ces parties divisées et retisser les liens au Soi par l’accueil et la libération des émotions, des ombres et des parties en souffrance. Et ce faisant, élargir le "cercle de compassion" aux autres et à leur dimension spirituelle d'êtres humains.

Pédagogie, thérapie, spiritualité et psychologie, ces domaines peuvent encore sembler lointains mais ils sont en vérité étroitement enlacés. Ils représentent autant de richesses éparpillées qui, loin de se contrarier ou de se diminuer, s’enrichissent plus que tout au contact les unes des autres. Autant de langues différentes et plus ou moins étrangères qui toutes délivrent le même message, qu’on le nomme "voie de guérison", "voie de l'être", "voie de l'amour" ou "voie de l'Un-Conscient" : c'est un chemin du développement de Soi placé aux carrefours de la psychologie et de la spiritualité, de l'intelligence collective et du Sacré, du rêve éveillé et de la réalité rêvée...

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