• Jade Arestan-Mallet

Délicatesse



Soyons délicats, avec nous-mêmes comme avec l'autre. Dans nos gestes, dans nos paroles, dans notre mesure des choses et du rythme que l'on s'impose...

Pas l'éclat, mais la couleur.

Pas le tremblement, mais le frisson.

Pas la force, mais la douceur.

Pas le coup, mais la vibration.

Pas une faiblesse pourtant : simplement une puissance qui élève au lieu d'écraser.



Être la fleur de papier. Être doux, fragile et vulnérable. Ce faisant, oser être.

Et être fort alors, car enfin remettant à plus grand que soi.


Être le jonc qui plie mais ne rompt pas.

Être la caresse, la main qui compatit en pressant une épaule en pleurs d'une infinie douceur,

la branche basse de l'arbre qui effleure le sol du bout de ses feuilles,

l'éclat du regard attentif qui écoute et fait silence ou l'esquisse du sourire qui encourage.

Être la teinte délicate du nuancier du peintre ou le mariage tendre de la nuit et de l'aurore qui zèbrent le ciel de leurs couleurs.

La note juste et mélodieuse, de celles qui vibrent doucement leurs échos dans la clameur des multitudes.


Pas la déchirure mais le froissement léger.

Pas le feu du brasier flamboyant ni son éclat aveuglant mais l'étincelle ou le bel halo diffus à l'aura dorée.

Les spirales de poussière qui voltigent paisiblement entre l’armoire et la fenêtre en traçant dans l’air des arabesques lumineuses.

La courbe tracée qui s'envole dans son délié, la lettre calligraphiée dans le mouvement souple et rapide d'une plume et d'un poignet.


Pas l'eau du torrent tumultueux ni la mer déchaînée mais le léger clapotis régulier et apaisant du ressac sur le sable ou l'eau qu'on infuse et qui se teinte lentement.

La fibre de coton qui s'imbibe doucement.

La goutte de rosée suspendue aux aurores à la toile de l'araignée.

L'oiseau qui picore du bout du bec ou le chat qui saisit de sa petite gueule au museau délicat.

La grâce du trébuchement et le frôlement d'un battement d'ailes.


Pas l'air des rafales furieuses ni les bourrasques qui tempêtent mais le souffle léger de l'intuition qui doucement se dépose au creux du cœur.

Le vent qui fait danser les herbes hautes et les blés.

La mousse qui offre sa douceur au promeneur des sous-bois fatigué.

Le flocon de neige finement ciselé et le bruit de la neige qui craque sous nos pas.

L’odeur subtile de la bougie qu’on vient de souffler.


Être la lenteur sans jamais être paresse.

Être le toucher dans toute sa finesse.

Être tendresse.


Être comme l'aube qui caresse le visage des rêveurs à demi-caché sous le drap.

Être le fer forgé finement ouvragé.

Être l'origami doucement déplié, dans le respect et dans l'amour de notre préciosité.

Être l'émotion subtile et douce, évanescente comme une pluie d'étoiles au creux du ventre.

Être sensible et l'honorer. De sa finesse, faire une fierté.

Être le pas de danse qui soudain s'élance et reste comme suspendu entre terre et ciel.

Être cent, être mille, et savoir rester soi-même.

Délicat, fort et fragile à la fois, juste... là.




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