• Jade Arestan-Mallet

États modifiés de conscience

Mis à jour : 6 oct. 2019



Grâce au perfectionnement des appareils d’imagerie médicale et au développement des neurosciences, la science commence aujourd’hui à mieux appréhender le fonctionnement de certains états de transe ou de méditation profonde, qu’on appelle désormais EMC (Etats Modifiés de Conscience). Dans le cas du chamanisme, Corine Sombrun (formée des années durant au chamanisme des femmes mongoles) s’est prêtée à des expériences de recherches au Canada (hôpital d’Alberta) afin d’aider à comprendre les mécanismes physiologiques lors de ces moments de transe. Ces travaux scientifiques, qui sont à l’origine du premier protocole de recherche sur la transe chamanique en neurosciences, ont notamment permis de révéler grâce aux électroencéphalogrammes que cet état de conscience particulier (obtenu par la pratique et sans aucune prise de stupéfiant) modifie bel et bien les circuits du fonctionnement cérébral (cf. note de bas de page).


Dans le cas de la méditation, Matthieu Ricard, célèbre représentant du bouddhisme tibétain en France, s’est lui aussi prêté à des expériences (IRM, électroencéphalographie, etc. au CHU de Lièges, à Lyon ou encore à Princeton et Berkeley). Les études sur son cortex en état de méditation ont pu démontrer plusieurs capacités que des années de méditation lui ont fait acquérir physiologiquement, comme par exemple changer la connectivité fonctionnelle et structurelle de son cerveau après des années de méditation (la capacité des neurones à changer leur connexion porte le nom de « plasticité neuronale », domaine nouveau que l’on commence seulement à explorer) ; mettre volontairement son cerveau en état de sommeil alors même que la personne ne dort pas ; élever de façon spectaculaire son niveau d’ondes gamma (les ondes émises lors de la concentration, de l’apprentissage et de la mémorisation) ; ou encore sur-activer la zone cérébrale du « bonheur » (cortex préfrontal gauche) au point de lui donner une aptitude classifiée comme « anormale ». C’est notamment à l’explication de tels phénomènes que travaille le Mind & Life Institute, fondé en 1991 par le Dalaï-Lama pour rapprocher le bouddhisme et les sciences modernes.

Et que dire des NDE (Near Death Experience, ou EMI en français Expérience de Mort Imminente) ? Les NDE, c’est ce phénomène de mort clinique (cœur arrêté, électroencéphalogramme plat, cerveau non oxygéné, arrêt du flux sanguin) dont certaines personnes reviennent, se réanimant « miraculeusement » sans que la science puisse l’expliquer, rapportant même parfois un don nouveau, et délivrant le même témoignage d’un bout à l’autre de la planète, quelle que soit leur culture : elles se voient quitter leur corps physique sans douleur aucune, avancent dans un tunnel noir avec une intense lumière blanche, reçoivent plein d’amour, un bien-être exceptionnel, et le sentiment d’avoir accès à un savoir universel, et retrouvent leurs proches décédés. Dans le cas de personnes « mortes » en salle d’opération, certaines sont mêmes capables plus tard de décrire exactement ce qui s’est passé dans la salle (les paroles échangées, les détails exacts de l’acte chirurgical, les instruments utilisés, ou même leur marque). L’étude de ce phénomène, largement inauguré par le rassemblement de témoignages du psychiatre Raymond Moody, a notamment été menée par des scientifiques tels que Bruce Greyson, Sam Parnia ou le cardiologue Pim Van Lommel. Ce dernier formule ce que ces expériences nous forcent à envisager : « Le cerveau ne produirait pas la conscience, mais recevrait de l’information de la conscience […] Je compare ça à une télé, une radio ou un mobile : le programme qu’on voit est reçu par le poste et non pas produit par lui. Il reçoit cette information et la code sous forme d’ondes électromagnétiques. Elles sont partout autour de nous, et alors que nous parlons ici, il y a plus de 100 000 ondes téléphoniques qui nous traversent mais nous ne le savons pas. Le cerveau serait donc aussi un récepteur, une interface entre les « champs informationnels de conscience » et notre corps physique. »


Ce genre de phénomènes métaphysiques/métapsychiques est notamment étudié dans les Instituts des Sciences Noétiques (l’ISSNOE en Suisse ou l’IONS en Californie) qui ont pour objet « l’étude de la Conscience à travers les états modifiés de conscience dits non-ordinaires ». Même la France s’y prête au Laboratoire de zététique de l’Université de Nice (la « zététique », un nom étrange qui a pour définition « l'étude rationnelle des phénomènes présentés comme paranormaux, des pseudosciences et des thérapies étranges »).


Nb : Les résultats de cette étude canadienne, intitulée ‘‘Brain changes during a shamanic trance: Altered modes of consciousness, hemispheric laterality, and systemic psychobiology’’ sont disponibles en ligne sur https://www.cogentoa.com/article/10.1080/23311908.2017.1313522.

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